Tomber malade quand on travaille à son compte, c’est une réalité que beaucoup de freelances affrontent sans vraiment savoir ce qu’ils toucheront. Entre le régime de l’auto-entrepreneur et celui du portage salarial, les différences sont considérables, parfois bien plus que ce qu’on imagine. Tour d’horizon des protections réelles, avec les chiffres à jour.
Auto-entrepreneur et maladie : des conditions d’accès qui surprennent
Sous le régime de la micro-entreprise, l’accès aux indemnités journalières n’a rien d’automatique. Il faut d’abord être immatriculé depuis au moins douze mois, puis justifier d’un revenu cotisé d’au moins 12 058,20 € brut sur les six mois précédant l’arrêt, soit l’équivalent de 1 015 fois le SMIC horaire. Autant dire que les débutants ou ceux dont l’activité reste modeste peuvent se retrouver sans filet.
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Pour ceux qui y ont droit, le plafond d’indemnisation est limité : à titre de comparaison, les artisans et commerçants relevant d’un régime proche perçoivent au maximum 65,84 € bruts par jour au 1er janvier 2026. Et en cas d’arrêt définitif ou de période creuse, aucune assurance chômage ne prend le relais. C’est l’une des lacunes majeures du statut.
Le portage salarial : un accès au régime général, avec ses nuances
En portage salarial, le consultant est rattaché au régime général de la Sécurité sociale. Concrètement, cela ouvre droit aux indemnités journalières versées par la CPAM, à une mutuelle d’entreprise, à une retraite complémentaire cadre (AGIRC-ARRCO) et aux droits à l’assurance chômage. Le mécanisme de calcul repose sur 50 % du salaire journalier de base, avec un délai de carence de trois jours (sauf accident du travail).
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Un point important à connaître : depuis le 1er avril 2025, un décret a abaissé le plafond de calcul des indemnités journalières de 1,8 à 1,4 fois le SMIC mensuel. Le plafond journalier s’établit désormais à 41,95 € en 2026, contre environ 51,70 € en 2024. Les versements peuvent se prolonger jusqu’à 360 jours sur une période de trois ans. Pour estimer précisément ce que représenterait un arrêt sur votre situation, une simulation portage salarial permet de projeter TJM, salaire brut et indemnités en quelques clics.
La société de portage joue aussi un rôle administratif concret : c’est elle qui établit et transmet l’attestation de salaire à la CPAM dès réception du justificatif d’arrêt. À noter également : depuis le 1er juillet 2025, seul un formulaire Cerfa papier sécurisé est accepté pour les arrêts sous format papier. Les scans et photocopies ne sont plus valides.
Pour aller plus loin sur la protection sociale des indépendants, vous trouverez des ressources complémentaires dans la catégorie statut juridique du site.
La prévoyance complémentaire : un filet, mais pas immédiat
Au-delà des IJSS, la Convention Collective Nationale du portage salarial prévoit une prévoyance couvrant l’incapacité temporaire, l’invalidité, le décès et la dépendance. Ce dispositif peut compléter les indemnités jusqu’à 80 % du salaire brut, ce qui change nettement la donne pour un arrêt long. La limite : ce complément ne s’active qu’après 90 jours continus d’arrêt. Pour les arrêts courts, le salarié porté ne perçoit donc que les IJSS de base, sans complément.
La qualité de cette protection varie aussi selon les sociétés de portage. Comparer les offres avant de s’engager reste une précaution utile. Le niveau de couverture n’est pas uniforme sur le marché.
Au final, le portage salarial offre une protection maladie structurellement plus solide que l’auto-entrepreneuriat, à condition de bien comprendre ses seuils et ses délais. Un simulateur aide à transformer ces mécanismes abstraits en euros concrets.


