ESALIA est une plateforme d’épargne salariale et retraite utilisée par un grand nombre de salariés en France. Les supports d’investissement proposés varient selon le dispositif (PEE, PERECO, PEROB) et le mode de gestion choisi. Avec les évolutions réglementaires prévues pour 2026, notamment l’intégration obligatoire d’actifs non cotés dans la gestion pilotée des PER d’entreprise, le choix des supports mérite une relecture attentive.
Actifs non cotés dans le PERECO ESALIA : ce qui change au 30 juin 2026
La loi de financement de l’économie impose aux PER d’entreprise collectifs (PERECO) et obligatoires (PEROB) d’intégrer une part minimale d’actifs non cotés (PME/ETI) dans la gestion à horizon proposée par défaut. Cette obligation entre en vigueur au 30 juin 2026.
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La part de non coté dépend du profil de risque attribué au salarié. Selon le décret d’application, les fourchettes s’établissent ainsi : prudent (0 à 6 %), équilibré (3 à 8 %), dynamique (5 à 12 %), offensif (jusqu’à 15 %).
Pour un utilisateur ESALIA en gestion pilotée, cela signifie qu’un profil prudent n’exclut plus totalement le non coté. Même à faible dose, la présence de fonds investis dans des PME ou ETI non cotées modifie la nature du risque : liquidité moindre, valorisation moins fréquente, horizon de détention plus long que pour un OPCVM classique.
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Les salariés qui pensaient être entièrement protégés du risque en restant sur un profil prudent devront vérifier la composition exacte de leur grille de gestion pilotée après cette date. Les nouvelles grilles seront publiées par le teneur de comptes, mais rien ne garantit que chaque salarié sera notifié individuellement du changement.

Gestion pilotée ou gestion libre sur ESALIA : arbitrer selon son implication réelle
ESALIA propose deux modes de gestion pour le PERECO et le PEE : la gestion pilotée (à horizon pour le PERECO, par défaut) et la gestion libre où le salarié choisit ses supports parmi les FCPE disponibles.
Gestion pilotée : confort mais perte de contrôle granulaire
En gestion pilotée, l’allocation se désensibilise automatiquement à mesure que l’échéance approche (départ à la retraite pour le PERECO, cinq ans pour le PEE). Le salarié n’a aucun arbitrage à réaliser. C’est adapté à ceux qui ne souhaitent pas suivre les marchés.
La contrepartie est l’absence de choix sur les supports précis. Avec l’intégration du non coté à partir de juin 2026, la gestion pilotée inclura des actifs que le salarié n’aurait pas forcément sélectionnés lui-même. Il n’est pas possible, en gestion pilotée, d’exclure un type d’actif spécifique.
Gestion libre : plus de latitude, plus de responsabilité
La gestion libre permet de sélectionner parmi les FCPE référencés sur la plateforme. On y trouve généralement des fonds actions (zone euro, monde), des fonds obligataires, des fonds monétaires et des fonds diversifiés. Certains FCPE intègrent des critères ESG ou ISR.
Le risque principal en gestion libre est la concentration. Un salarié qui place la totalité de son épargne sur un seul FCPE actions s’expose à une volatilité bien supérieure à celle d’une grille pilotée diversifiée. En revanche, un salarié informé peut construire une allocation personnalisée qui reflète mieux sa tolérance au risque et son horizon.
- Un salarié à plus de quinze ans de la retraite, à l’aise avec la volatilité, peut surpondérer les FCPE actions en gestion libre pour capter le potentiel de long terme.
- Un salarié proche du déblocage (achat immobilier, départ) a intérêt à sécuriser sur des fonds monétaires ou obligataires courts, voire à rester en gestion pilotée si la grille correspond à son horizon.
- Un salarié qui ne consulte jamais son compte ESALIA n’a aucune raison de passer en gestion libre : le risque d’oublier un arbitrage nécessaire dépasse le gain potentiel.
PEE ESALIA et déblocage anticipé : un paramètre souvent négligé dans le choix des supports
Le PEE offre un blocage de cinq ans, bien plus court que le PERECO (bloqué jusqu’à la retraite sauf cas de déblocage anticipé). Ce délai plus court change la logique de placement.
Un changement réglementaire récent élargit les motifs de déblocage anticipé du PEE : le déblocage est désormais possible dès la naissance ou l’adoption du premier enfant, et non plus seulement à partir du troisième. La demande doit être faite dans les six mois suivant l’événement, avec justificatif (acte de naissance ou jugement d’adoption).
Pour un jeune salarié qui envisage de fonder une famille, cette évolution rend le PEE plus liquide qu’auparavant. Elle influe directement sur le choix des supports : si le déblocage peut intervenir dans un ou deux ans, placer son intéressement sur un FCPE actions à forte volatilité expose à un risque de moins-value au moment précis où l’on a besoin des fonds.
À l’inverse, un salarié sans projet de déblocage à court terme peut accepter plus de risque sur le PEE, sachant que le blocage de cinq ans offre un horizon suffisant pour lisser les fluctuations des marchés actions.
Fiscalité à l’entrée du PERECO : un choix qui conditionne la sortie
Sur le PERECO ESALIA, les versements volontaires peuvent être déduits de l’assiette imposable ou non, au choix du salarié. Ce choix se fait au moment du versement et détermine le régime fiscal applicable à la sortie.
Un salarié avec un taux marginal d’imposition élevé a un avantage immédiat à déduire ses versements. En contrepartie, le capital sera fiscalisé à la sortie (impôt sur le revenu sur le capital, flat tax sur les plus-values). Un salarié faiblement imposé n’a pas d’intérêt marqué à la déduction : il peut opter pour la non-déduction et bénéficier d’une exonération d’impôt sur le capital à la sortie.
Ce paramètre fiscal interagit avec le choix des supports. Un salarié qui déduit et anticipe une sortie en capital a intérêt à limiter les plus-values pour réduire la facture fiscale à la sortie, ce qui oriente vers des supports moins volatils en fin de période. Un salarié qui ne déduit pas peut se permettre une allocation plus dynamique, puisque seules les plus-values seront soumises aux prélèvements sociaux à la sortie.

Le choix des supports sur ESALIA ne se résume pas à cocher un profil de risque sur un questionnaire. L’intégration prochaine du non coté en gestion pilotée, l’élargissement des cas de déblocage du PEE et l’articulation entre fiscalité d’entrée et fiscalité de sortie sur le PERECO sont trois paramètres concrets qui modifient la donne.
Consulter la composition exacte des grilles après le 30 juin 2026 et simuler l’impact fiscal avant chaque versement volontaire reste le moyen le plus fiable d’aligner ses supports avec sa situation réelle.


