Quatre entreprises sur dix poursuivent leur route avec des outils conçus maison pour dessiner la carte de leurs talents, alors que les solutions clés en main pullulent à chaque coin de web. Pourtant, rares sont les outils du marché capables d’épouser la complexité et la singularité des pratiques RH de chaque organisation.
Face à des contraintes techniques, absence de logiciels dédiés, besoin d’ajuster les critères d’évaluation, un grand nombre de responsables s’attellent à bâtir leur propre matrice, case après case, au sein d’un simple fichier Excel. Cette méthode, loin d’être sans défaut, révèle parfois des limites insoupçonnées, mais elle garde pour elle un niveau d’adaptation et de personnalisation que peu de logiciels peuvent égaler.
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La matrice 9 box : un outil clé pour évaluer et développer les talents en entreprise
La matrice 9 box s’est taillé une place de choix dans la gestion des talents : elle offre une lecture synthétique et percutante des ressources humaines. Reprenant la logique de la matrice McKinsey, elle s’articule autour de deux axes, le potentiel et la performance, pour répartir chaque collaborateur dans l’une des neuf cases. Cette évaluation croisée expose d’un coup d’œil la composition du collectif, ses points forts et ses fragilités.
La force du dispositif ? Il livre un panorama limpide des profils qui composent l’entreprise. Les collaborateurs à haut potentiel et forte performance sont identifiés pour rejoindre les programmes de succession ou être accélérés dans leur parcours. De leur côté, ceux qui affichent des scores plus modestes, en potentiel ou en performance, peuvent bénéficier d’un accompagnement renforcé, ou d’une réflexion sur leur positionnement.
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En tant qu’outil de pilotage stratégique RH, la matrice 9 box structure les décisions en matière de promotion, cible les besoins de formation et alimente la construction d’équipes robustes. Elle simplifie également les entretiens annuels, en injectant davantage d’objectivité et de clarté dans la gestion des carrières. Cette grille, héritée des travaux de McKinsey, s’est imposée dans la plupart des grandes structures pour évaluer le potentiel et la performance des effectifs.
Voici les trois grands ensembles qui structurent la matrice :
- Faible potentiel/Faible performance : collaborateurs à soutenir de près ou à repositionner
- Potentiel moyen/Performance variable : profils à accompagner, capables de devenir moteurs si l’on investit dans leur développement
- Haut potentiel/Haute performance : réserve de futurs leaders à fidéliser et à pousser vers de nouveaux défis

Étapes concrètes et astuces pour construire votre propre matrice McKinsey dans Excel, même sans modèle
Les modèles prédéfinis peuvent rester de côté : ouvrez directement Excel. Pour bâtir une matrice McKinsey, tout commence avec deux axes : l’attractivité du marché (axe vertical), la position concurrentielle (axe horizontal). La première étape consiste à inventorier vos domaines d’activité stratégique (DAS). Inspirez-vous d’acteurs comme TechIndus ou Valrhona : chaque activité, chaque business unit doit être positionnée précisément dans votre tableau.
Pour formaliser la matrice, tracez une grille 3×3 dans Excel. Chaque axe se décline en trois niveaux : faible, moyen, fort. À chaque croisement, une case stratégique s’ouvre. Vient alors le choix des critères d’évaluation pour classer vos DAS. L’attractivité du marché peut se jauger selon la taille, la croissance, la rentabilité ou la stabilité du secteur ; la position concurrentielle dépend de la part de marché, de la force de la marque ou de l’efficacité opérationnelle.
Dans Excel, la fonction « mise en forme conditionnelle » permet de donner vie à la matrice : couleurs différentes pour distinguer les recommandations (investissement, maintien, retrait). Attribuez des scores pondérés à chaque critère, puis réalisez une moyenne pour déterminer la place de chaque DAS dans la grille.
La flexibilité d’Excel facilite les ajustements, la discussion collective sur les pondérations, critère après critère. L’outil se transforme en véritable laboratoire pour affiner les arbitrages stratégiques, une approche qu’utilisent aussi bien Anybox que Valrhona, sans perdre en agilité face à un gabarit figé.
La matrice McKinsey conçue sur mesure, dans un simple fichier Excel, devient alors bien plus qu’une grille : c’est le point de départ d’une réflexion stratégique, renouvelée à chaque nouvelle analyse des activités et des équipes. À vous, désormais, d’en faire le levier de vos prochains choix décisifs.


