Passer de la micro-entreprise au portage salarial, c’est souvent une bonne nouvelle pour la protection sociale, mais ça bouscule complètement la façon de fixer ses tarifs. Le TJM qu’on appliquait en auto-entrepreneur ne tient plus : les charges explosent, les frais de gestion s’ajoutent, et le net en poche peut surprendre si on n’a pas recalculé en amont. Voici comment aborder ce recalibrage sereinement.
Une formule différente, un coefficient bien plus élevé
En micro-entreprise, le coefficient multiplicateur appliqué au revenu net visé tourne autour de 1,25 à 1,4. En portage salarial, il faut compter environ 2,2, car les charges sociales patronales et salariales absorbent à elles seules près de 40 % du chiffre d’affaires facturé, et la société de portage prélève en plus ses frais de gestion, généralement entre 5 et 15 % selon les prestataires et les services inclus. Au final, le consultant récupère entre 48 et 55 % du montant HT facturé.
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La formule de base : TJM = (revenu net annuel visé × 2,2) ÷ nombre de jours facturables. Avec une hypothèse de 160 jours facturés dans l’année, un objectif de 3 500 € nets par mois conduit à un TJM d’environ 577 € HT. Beaucoup ajoutent une marge de sécurité pour atterrir entre 620 et 650 €. Pour approfondir ce calcul avec des exemples concrets, le guide de calcul tjm portage proposé par Central Media détaille bien les différents scénarios selon le niveau de revenu visé.
Un repère utile côté marché : un développeur junior se positionne généralement entre 350 et 430 €/jour, les profils en communication ou rédaction web restent souvent sous les 400 €, tandis que les spécialistes data et IA atteignent en moyenne 698 €/jour selon une étude Didaxis publiée début 2026. Ces écarts reflètent la rareté des compétences autant que la demande sectorielle.
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Les erreurs qui coûtent cher au moment de fixer son tarif
La plus courante : partir de son ancien salaire de salarié. Ce réflexe ignore les charges patronales que vous supportez désormais, les périodes sans activité facturable et la protection sociale à financer. Résultat : un TJM trop bas dès le départ, difficile à corriger ensuite sans froisser les clients habitués.
Autre piège fréquent, se caler sur les tarifs affichés sur les plateformes généralistes, où les profils juniors tirent souvent les moyennes vers le bas. Et surtout, ne jamais revaloriser : inflation et montée en compétences justifient pourtant une révision annuelle de l’ordre de 5 à 10 %. Un indicateur simple pour savoir si on est bien positionné : si tous les prospects acceptent sans négocier, le tarif est probablement trop bas. Un taux de conversion sain se situe entre 30 et 50 % des propositions commerciales.
Le portage salarial impose d’ailleurs un TJM minimum légal de 250 € par jour, un plancher qui confirme que le statut n’est pas pensé pour les petits volumes, mais bien pour des missions de conseil, d’informatique ou de formation à valeur ajoutée. À mesure que votre CA en micro-entreprise approche le plafond autorisé pour les prestations de services, la bascule vers le portage mérite en tout cas d’être chiffrée sérieusement avant d’être écartée.


