Quand un confinement tombe, on pense d’abord au domicile comme seul repli possible. Mais pour un indépendant qui travaille dans 25 m² avec deux enfants en bas âge, ou pour un salarié en télétravail dont la connexion décroche toutes les heures, le coworking en confinement reste une option à explorer. Encore faut-il savoir quels espaces restent réellement accessibles, sous quelles conditions juridiques, et à quel coût.
Statut juridique de l’espace de coworking : ce qui décide de la fermeture ou du maintien
Tous les espaces de coworking ne sont pas logés à la même enseigne face à un arrêté de confinement. La distinction repose sur le statut du lieu, pas sur l’activité qu’on y exerce.
Un coworking ouvert au public, accessible sans réservation ni abonnement, relève du régime des établissements recevant du public (ERP). Ce statut impose des obligations d’accessibilité, de sécurité incendie, et surtout, il soumet le lieu aux arrêtés préfectoraux de fermeture lors d’un confinement. Concrètement, si le préfet ordonne la fermeture des ERP non alimentaires, ces espaces baissent le rideau.
À l’inverse, un espace réservé à des membres identifiés, fonctionnant sur abonnement ou réservation préalable, peut relever principalement du Code du travail. Cette nuance change tout : un lieu sur abonnement peut rester ouvert si ses obligations employeur sont remplies. Le gestionnaire doit alors appliquer les mesures de prévention prévues par le Code du travail, mais il n’est pas automatiquement concerné par un arrêté visant les ERP.
Comment vérifier le statut de son espace
On peut poser directement la question au gérant : « Êtes-vous classé ERP ? » Si la réponse est floue, un indice simple est le mode d’accès. Badge nominatif, réservation obligatoire, liste de membres fermée : ce sont les marqueurs d’un espace qui échappe potentiellement à la fermeture administrative. Accès libre, paiement à l’heure sans inscription : on est très probablement en ERP.

Coworking accessible pendant un confinement : les formules qui fonctionnent
En pratique, pendant les périodes de confinement qu’on a connues, certaines configurations ont continué à fonctionner. Pas toutes, et pas partout, mais un schéma se dégage.
Bureau privatif en espace de coworking
Le bureau fermé, loué au mois à un membre identifié, est la formule la plus susceptible de rester accessible. On y travaille seul ou en petit groupe fixe, dans un espace clos avec sa propre ventilation ou, au minimum, une porte fermée. La réservation préalable et le contrôle des membres constituent ici une solution opérationnelle plus déterminante que la simple désinfection des surfaces.
Côté budget, un bureau privatif en coworking se négocie généralement entre quelques centaines d’euros par mois pour un poste unique en ville moyenne et sensiblement plus en zone dense comme Paris ou Lyon. On est loin du bail classique, et c’est précisément l’intérêt : un engagement court, souvent au mois, sans caution de trois mois.
Poste dédié sur réservation
Certains espaces proposent un poste attitré dans un open space, mais avec un système de réservation qui limite le nombre de personnes présentes simultanément. La jauge réduite (parfois la moitié de la capacité normale) permet de maintenir une distance physique suffisante. Ce format coûte moins cher que le bureau fermé, mais les retours varient sur ce point : tout dépend de la taille de l’espace et de la politique tarifaire du gérant.
Salles de réunion à l’heure ou à la demi-journée
Même en confinement, les besoins ponctuels persistent : une visioconférence importante avec un client, un entretien de recrutement, une formation interne. Les salles de réunion restent souvent accessibles sur réservation dans les espaces non ERP. Le tarif horaire va de quelques dizaines d’euros à plus d’une centaine selon l’équipement (visioconférence intégrée, écran, connexion fibre dédiée).
Critères de choix d’un coworking en période de confinement
On ne choisit pas un espace de coworking en confinement avec les mêmes priorités qu’en temps normal. La terrasse sur le toit et le baby-foot passent au second plan. Voici ce qui compte vraiment.
- Statut juridique et mode d’accès : vérifier que l’espace fonctionne sur réservation ou abonnement, et qu’il n’est pas classé ERP soumis à fermeture administrative.
- Qualité de la ventilation : un espace avec ventilation mécanique contrôlée (VMC) double flux ou, mieux, une possibilité d’aération naturelle par fenêtres ouvrantes, réduit le risque sanitaire de façon mesurable.
- Capacité d’accueil réduite : demander la jauge maximale appliquée en période de restriction et le ratio mètres carrés par poste. Plus ce ratio est élevé, plus on travaille dans des conditions acceptables.
- Flexibilité contractuelle : privilégier les engagements au mois ou à la semaine. Un bail de six mois en plein confinement, c’est un pari risqué si les restrictions se durcissent.
- Connectivité : une connexion fibre dédiée (pas partagée entre trente postes) et un réseau Wi-Fi professionnel. En confinement, la visioconférence devient l’outil principal, et une connexion instable fait perdre des clients.

Pièges à éviter quand on loue un espace de coworking en confinement
Le premier piège, c’est de signer un contrat sans clause de sortie liée aux restrictions sanitaires. Certains opérateurs proposent des engagements fermes sans mentionner le cas de force majeure. Si l’espace doit fermer sur décision administrative, on se retrouve à payer un loyer pour un bureau inaccessible.
On recommande de négocier une clause explicite : suspension du loyer ou résiliation sans pénalité en cas de fermeture imposée par l’autorité publique. Ce n’est pas standard partout, mais c’est négociable, surtout dans un marché où les taux de vacance ont augmenté.
Le faux ami du « domicile professionnel »
Attention à la confusion entre coworking et domiciliation. Domicilier son entreprise dans un espace de coworking donne une adresse administrative, pas un droit d’accès physique garanti. En confinement, la domiciliation ne vaut pas autorisation de se rendre sur place. Si on a besoin d’un lieu de travail effectif, il faut un contrat de mise à disposition de bureau, pas une simple domiciliation.
Le piège du télétravail imposé par l’employeur
Pour les salariés, le Code du travail permet à l’employeur d’imposer le télétravail dans des circonstances exceptionnelles, notamment en cas d’épidémie. L’accord national interprofessionnel (ANI) du 26 novembre 2020 encadre cette pratique. Concrètement, si l’employeur dit « télétravail à domicile », se rendre dans un coworking de sa propre initiative peut poser un problème : l’assurance de l’employeur ne couvre pas forcément un lieu tiers non déclaré.
Faire valider le coworking par écrit par son employeur avant de s’y installer reste la précaution de base. Un simple mail d’autorisation suffit, mais il faut qu’il existe.
Coût du coworking en confinement comparé au télétravail à domicile
Travailler chez soi a un coût qu’on sous-estime souvent. L’indemnité de télétravail, revalorisée ces dernières années, reste modeste et ne couvre que partiellement l’électricité, le chauffage, l’usure du mobilier personnel et la connexion internet.
En face, un poste en coworking représente un budget mensuel nettement supérieur. Mais la comparaison ne se limite pas au chiffre brut.
- Au domicile : pas de séparation vie professionnelle et vie personnelle, risque d’isolement, qualité de connexion variable, ergonomie souvent insuffisante (table de cuisine, chaise inadaptée).
- En coworking : espace dédié, mobilier professionnel, fibre, interactions sociales même réduites, séparation nette entre travail et domicile.
- Pour les indépendants et auto-entrepreneurs : le loyer du coworking est déductible des charges professionnelles, ce qui réduit l’écart réel de coût.
Le calcul dépend de chaque situation. Pour quelqu’un qui dispose d’une pièce dédiée à domicile avec une bonne connexion, le télétravail reste économiquement plus avantageux. Pour un indépendant dans un studio, le coworking n’est pas un luxe, c’est une condition de productivité.

Organisation pratique : accéder à un coworking quand les déplacements sont restreints
En confinement strict, les déplacements sont limités à un périmètre ou à des motifs précis. Se rendre dans un espace de coworking nécessite généralement une attestation de déplacement professionnel. Pour les salariés, c’est l’employeur qui la fournit. Pour les indépendants, on remplit soi-même l’attestation en cochant le motif professionnel.
Le point de vigilance : disposer d’un justificatif de location ou d’abonnement au coworking. En cas de contrôle, l’attestation seule peut ne pas suffire. Un contrat ou une confirmation de réservation sur son téléphone permet de prouver que le déplacement a un motif légitime.
Privilégier un espace proche du domicile réduit le risque de contrôle et le temps de trajet. Plusieurs opérateurs ont développé des réseaux de proximité avec des petits espaces dans les quartiers résidentiels ou en périphérie des grandes villes, précisément pour répondre à ce besoin de coworking de proximité apparu avec les confinements successifs.
Que l’on soit indépendant à la recherche d’un bureau flexible ou salarié en quête d’une alternative au domicile, comparer les offres locales reste la première étape. Le formulaire ci-dessous permet de recevoir gratuitement des devis adaptés à votre situation et d’être rappelé par un professionnel de la location de bureaux.


