Avant de basculer du statut d’auto-entrepreneur vers le portage salarial, une question revient systématiquement : combien vais-je réellement toucher chaque mois ? La réponse n’est pas immédiate, car plusieurs variables entrent en jeu entre le chiffre d’affaires facturé et le virement sur le compte bancaire. Faire une simulation portage salarial permet de clarifier ce calcul avant tout engagement.
Du TJM au salaire net : les étapes clés du calcul
Le point de départ, c’est le taux journalier moyen (TJM). Multiplié par le nombre de jours facturés dans le mois, il donne le chiffre d’affaires brut. À partir de là, la société de portage prélève ses frais de gestion, qui varient généralement entre 5 et 12 % selon les acteurs. Sur un CA mensuel de 10 000 €, passer de 5 % à 10 % représente 500 € de moins par mois, soit 6 000 € sur un an : un écart qui mérite d’être scruté avant de signer.
Viennent ensuite les frais professionnels (transport, matériel, abonnements, repas clients), plafonnés à 30 % du CA mensuel. Ces frais réduisent l’assiette sur laquelle s’appliquent les cotisations patronales (environ 30 %) et salariales (environ 22 %). Une fois toutes ces déductions appliquées, le revenu net global peut atteindre jusqu’à 63 % du CA initial avec une offre compétitive. Pour un TJM de 500 € sur 18 jours facturés, cela représente environ 5 670 € nets mensuels.
La convention collective fixe également un plancher légal : le TJM ne peut pas descendre en dessous d’environ 190 € par jour, calculé sur la base du Plafond de la Sécurité Sociale (3 666 € mensuels en 2025). En dessous, le portage salarial n’est tout simplement pas accessible.
Portage salarial vs auto-entrepreneur : ce que la simulation révèle vraiment
Le statut de micro-entrepreneur conserve une part plus élevée du CA en apparence (jusqu’à 76 % en net), mais le plafond de chiffre d’affaires, fixé à 77 700 € par an en 2026, bloque la croissance au-delà d’un certain seuil. Dès que le CA mensuel dépasse 6 000 €, le portage salarial ou la SASU deviennent les alternatives naturelles. Et contrairement à la SASU, le portage salarial ouvre des droits à l’Aide au Retour à l’Emploi (ARE) : si une mission se termine sans suite immédiate, le consultant peut percevoir des allocations chômage — un filet de sécurité que ni la SASU ni l’auto-entrepreneur ne permettent.
Le secteur ne cesse de progresser : le chiffre d’affaires du portage salarial a atteint 2,05 milliards d’euros en 2022, avec une rémunération brute horaire moyenne de 38,4 € pour les salariés portés. 67 % d’entre eux sont désormais en CDI, ce qui facilite aussi l’accès au crédit immobilier ou à la location.
La simulation prévisionnelle n’est pas un bulletin officiel, c’est un outil d’aide à la décision. Elle reste indicative, car le net final varie selon la situation fiscale personnelle, les frais réels et les éventuelles réserves constituées. Mais elle permet d’entrer dans une négociation avec une société de portage avec des chiffres précis en tête, plutôt que des approximations.
Prendre le temps de comparer plusieurs simulations, en faisant varier le TJM, les frais de gestion et le volume de frais professionnels, reste la meilleure façon de choisir un statut adapté à sa trajectoire réelle.


