Impossible d’ignorer les chiffres : près d’un accident du travail sur quinze concerne une blessure au pied. Dès lors, la chaussure de sécurité ne relève plus du simple accessoire, mais du réflexe vital pour quiconque travaille dans un environnement exposé. Face à la profusion de modèles et de normes, comment ne pas s’y perdre ?
Les trois normes EN 20345
Tout commence par les normes EN 20345. Elles définissent précisément les exigences des chaussures de sécurité, garantissant une protection adaptée selon les risques. L’ensemble des catégories est disponible sur le site de sécurimed, qui propose aussi d’autres équipements de protection individuelle.
Les chaussures de sécurité S1
Premier niveau de la gamme, les chaussures S1 offrent une protection de base mais solide. Elles sont équipées d’embouts capables de résister à une pression de 200 joules, protègent l’arrière du pied grâce à un talon fermé et respectent la norme XPS 73012 pour l’adhérence sur sols lisses ou gras, typiques de l’industrie. Antistatiques, résistantes aux hydrocarbures et dotées d’une semelle absorbant les chocs, elles couvrent les besoins courants.
À noter : la S1P constitue une déclinaison intéressante, intégrant une semelle anti-perforation pour faire barrage aux objets tranchants. Une option rassurante dans les ateliers et chantiers où le danger rôde sous les pieds.
Les chaussures de sécurité S2
Pour qui travaille dans une atmosphère humide, la S2 se distingue. Elle reprend le cahier des charges de la S1 et y ajoute une tige conçue pour résister à la pénétration et l’absorption de l’eau. Un détail qui change tout dans les espaces où la flaque n’est jamais loin.
Les chaussures de sécurité S3
À la recherche du maximum de sécurité ? Le modèle S3 réunit les avantages de la S2 et ajoute une protection anti-perforation. En d’autres termes : le pied est blindé contre la quasi-totalité des menaces. Au sommet, les chaussures S5, fabriquées entièrement en polymères, repoussent encore plus loin les limites en matière d’étanchéité.
Pour clarifier la diversité des modèles disponibles, voici deux points de repère utiles :
- Les chaussures S4 et S5 sont fabriquées en polymères et correspondent respectivement aux S2 et S3, avec une résistance accrue à l’eau.
- Les modèles SB représentent la base de la sécurité : embout anti-écrasement et semelle antidérapante, sans fioritures mais efficaces.
Les caractéristiques additionnelles
Selon l’environnement et le métier, certaines fonctions peuvent faire la différence. Il existe des chaussures dotées de semelles résistantes à la chaleur par contact (Hro), à privilégier dans les ateliers exposés aux hautes températures. D’autres protègent contre la chaleur (Hi) ou le froid (Ci), pour les chantiers extérieurs ou les chambres froides.
Lorsque la sécurité prime sur tout le reste, certains modèles sont équipés de semelles anti-coupure (CR), une barrière supplémentaire dans les milieux à haut risque. Enfin, le choix de semelles antidérapantes s’adapte à la nature du sol : carrelé (SRA), métallique (SRB) ou cumulant les deux (SRC). Toutes ces spécificités sont prévues par la norme EN 20345, qui balise un terrain parfois complexe mais rassurant pour qui sait s’y retrouver.
L’environnement de travail et le choix des chaussures
Le contexte professionnel dicte souvent le type de protection à adopter. Dans la plupart des secteurs à risques, l’embout de protection s’impose comme la référence pour éviter les écrasements. Pourtant, dans bien des cas où la menace est moindre, rien ne force à adopter systématiquement la chaussure de sécurité.
Dans ce cas, des chaussures de protection, validées par la norme EN 20346, peuvent suffire. Leur embout protège jusqu’à 100 joules, ce qui reste adapté à de nombreux postes tout en rendant les chaussures plus légères, confortables et accessibles côté budget. Sinon, les chaussures de travail classiques peuvent aussi répondre aux besoins quotidiens, là où la sécurité maximale n’est pas exigée.
Les différents modèles de chaussures de sécurité
Le choix ne s’arrête pas à la norme : la forme et le design comptent aussi. Les chaussures de sécurité, de protection ou de travail se déclinent en bottes, mocassins ou sneakers. Cette diversité permet d’ajuster le confort et l’ergonomie à la réalité du terrain.
Les matières jouent également leur rôle. Tissus techniques et polymères allègent la chaussure, améliorant le confort sur de longues heures. Pour ceux qui n’ont pas à porter ces équipements sans interruption, les surchaussures antidérapantes offrent une alternative : elles protègent efficacement contre les chocs et l’écrasement, grâce à leur embout en acier testé à 200 joules.
Finalement, choisir ses chaussures de sécurité revient à se projeter dans chaque journée de travail : anticiper les dangers, jauger le confort, et refuser le compromis sur la protection. À chaque métier, sa paire, à chaque risque, sa réponse adaptée. Le pied sûr commence toujours par le bon choix.



