Trois mois. Ce chiffre n’a rien d’anodin pour des milliers de locataires qui s’apprêtent à tourner une page. Ce délai, gravé dans la loi, reste la règle pour rompre un bail de location vide. Seules certaines circonstances, strictement énumérées, permettent d’y déroger : mutation professionnelle, perte d’emploi, violences conjugales… Pour le reste, la rigueur s’impose : chaque demande de résiliation doit obéir à un processus huilé, sans quoi le propriétaire peut refuser la procédure.
Pour notifier un congé sans contestation possible, il faut choisir l’un des trois modes reconnus : courrier recommandé, remise en main propre contre signature, ou acte d’huissier. Le compte à rebours du préavis démarre le jour où le propriétaire reçoit la notification, pas avant.
Préavis locatif de 3 mois : ce que dit la loi selon le type de bail
Le préavis locatif de trois mois s’impose pour toute location vide, sans distinction de zone géographique. La loi du 6 juillet 1989 encadre ce délai, que le logement soit situé en zone tendue ou non. Sauf cas particulier, le locataire doit respecter ce préavis 3 mois pour mettre fin à son contrat de location.
La location meublée n’obéit pas aux mêmes règles : ici, le préavis tombe à un mois, où que se trouve le logement. Ce décalage façonne concrètement la mobilité des locataires. Il existe toutefois des situations où la loi autorise, même pour une location vide, un préavis réduit à un mois. Voici les cas concernés :
- mutation professionnelle constatée par l’employeur
- licenciement, perte d’emploi ou premier emploi
- allocation du RSA ou de l’AAH
- attribution d’un logement social
- victime avérée de violences conjugales
Le respect scrupuleux du délai de préavis évite les conflits. Dès la réception du congé par le propriétaire (via lettre recommandée, acte d’huissier ou remise en main propre contre signature), le délai commence. Négliger une étape, c’est prendre le risque d’un litige. Chaque procédure engage la responsabilité du locataire, à chaque étape.
Quels sont vos droits et obligations lors d’une résiliation de bail ?
Mettre fin à un bail locatif ne se limite pas à envoyer une lettre. Le locataire doit s’astreindre à des règles précises, souvent sous-estimées lorsqu’on change de logement. Tout commence par la notification du congé locataire au bailleur. Idéalement, privilégiez la lettre recommandée avec accusé de réception, l’acte d’huissier ou la remise en main propre contre émargement : la date de réception fait foi pour débuter le délai de préavis.
Pendant le préavis, le loyer et les charges restent dus. Partir plus tôt n’exonère pas du paiement, sauf si le logement est reloué avant la fin du délai, avec l’accord du propriétaire. Si vous invoquez un motif légitime (mutation, perte d’emploi, logement social), joignez le justificatif. Le bailleur ne peut refuser, mais conserve le droit d’organiser des visites pour de nouveaux candidats, dans la limite de deux heures par jour ouvrable.
L’état des lieux de sortie clôture la période de préavis. Ce document engage locataire et bailleur sur l’état du logement restitué. La restitution du dépôt de garantie doit intervenir au plus tard deux mois après la remise des clés, ramenée à un mois si aucun dégât n’est relevé. Toute retenue doit être appuyée par des factures. Jusqu’à la date officielle de départ notée dans la lettre, le locataire demeure responsable du bien. Préparer chaque étape, conserver les preuves, c’est garantir une transition sans accroc.
Étapes concrètes pour donner congé et réussir sa résiliation
Pour résilier un bail locataire assorti d’un préavis de 3 mois, chaque étape compte. Commencez par rédiger une lettre recommandée (papier ou électronique) adressée au bailleur, en précisant la date de départ souhaitée et le respect du délai de préavis légal. Ce n’est pas la date d’envoi, mais bien celle de réception qui déclenche le compte à rebours.
Voici le calendrier à prévoir pour ne rien laisser au hasard :
- Notification du congé (lettre recommandée réception, acte d’huissier ou remise en main propre contre signature)
- Organisation des visites avec le propriétaire, limitées à deux heures par jour ouvrable
- Préparation de l’état des lieux de sortie : nettoyage, petits travaux si nécessaire, relevé des compteurs
- Remise des clés et récupération du dépôt de garantie sous un à deux mois selon l’état du logement
Un désaccord sur l’état des lieux ou le dépôt de garantie ? Faites appel au conciliateur de justice ou à la commission départementale de conciliation. Si le litige persiste, le tribunal d’instance peut trancher. Gardez précieusement chaque justificatif : la documentation solide fait souvent la différence en cas de contentieux.
Pensez aussi à la régularisation des charges, surtout si le départ intervient en cours d’année. Un inventaire précis et des échanges bien documentés évitent bien des mauvaises surprises lors du solde de tout compte.
Exemples de lettres et conseils pour dialoguer efficacement avec votre propriétaire
La lettre de congé reste l’élément central de la résiliation du bail locataire. Clarté et précision sont vos meilleurs alliés : indiquez la volonté de quitter le logement, la date prévue de départ, le délai de préavis de 3 mois. Identifiez clairement l’adresse du bien, vos coordonnées et celles du propriétaire. Si le congé s’appuie sur un motif spécifique (mutation, licenciement, premier emploi), mentionnez-le explicitement.
Modèle synthétique de lettre de congé
- Objet : Résiliation du contrat de location Préavis 3 mois
- Madame, Monsieur, je vous informe par la présente de mon intention de quitter le logement situé [adresse], conformément au préavis locatif de 3 mois prévu par la loi. La date de départ envisagée est le [date], prenant en compte le délai légal à compter de la réception de ce courrier recommandé.
Le dialogue avec le propriétaire va au-delà du courrier officiel. Un échange téléphonique ou un mail courtois permet d’organiser sereinement les visites, l’état des lieux et la remise des clés. Préparez vos justificatifs, surtout si vous bénéficiez d’un motif légitime ouvrant droit à un préavis réduit. En restant transparent sur les dates et en étant disponible, vous limitez les tensions inutiles.
En cas de désaccord sur la réception du courrier ou sur les modalités pratiques, n’hésitez pas à solliciter la commission départementale de conciliation ou un conciliateur de justice. Conservez une trace écrite de chaque échange. La lettre recommandée, papier ou électronique, reste votre meilleur rempart pour faire valoir vos droits tout en clarifiant les devoirs de chacun.
Changer de logement, c’est bien plus qu’un déménagement : c’est l’ouverture d’une nouvelle séquence, à condition de maîtriser chaque étape du préavis. Ceux qui savent anticiper, informés et méthodiques, traversent la période sans heurts, et retrouvent la liberté de choisir leur prochain toit.



